Congo-Brazzaville : En quoi aller aux élections présidentielles en 2021 sans l’instauration de la présidence tournante ça ne sert à rien ?
By webmaster1 On 20 Feb, 2019 At 12:38 PM | Categorized As A la Une, Articles, Congo | With 0 Comments

La Nation congolaise devrait se nourrir de la vérité pour permettre les alternances politiques pacifiques et les tenues des élections présidentielles libres, crédibles et transparentes. Toutefois, après chaque élection présidentielle, s’il y a des citations qui justifient les hold-up électoraux et les guerres civiles ethniques en Afrique noire francophone ex-colonie française, ce sont bien celles de Charles de Gaulle et Jacques Chirac :
« La prospérité des futures générations françaises, se devait d’être garantie par les matières premières des sols françafricains… » – Charles de Gaulle, et « sans l’Afrique, la France descendra au rang de puissance du tiers [monde] » – Jacques Chirac, 2008.

Parce que, l’époque que nous vivons actuellement au Congo-Brazzaville, est caractérisée sur le plan politique par le remplacement des colons Blancs français par les Noirs, les Ngala-Mboshi d’Oyo. Et sous leur dictature soutenue de main de fer par la France, l’organisation du pays est tributaire de l’héritage de la colonisation française. Ces vassaux de la France inscrivent toujours leur pouvoir dans la continuité de la colonisation française ; colonisation qu’ils s’efforcent d’entretenir plutôt que de détruire, comme l’ont fait beaucoup de pays d’Afrique anglophone.

Ceci dit, nous n’arrêterons jamais de rappeler que le Congo-Brazzaville n’est pas un don de Dieu, comme le répète beaucoup de Congolais à longueur des journées. Pour ceux qui ne le savent peut-être pas, la République du Congo, c’est l’Ancien Moyen Congo (territoires de l’ancien Royaume du Kongo conquis militairement par la France coloniale), qui faisait partie intégrante du Congo Français (Gabon, Oubangui Chari, Moyen Congo). Après les indépendances, la France éclatera cette entité artificielle en plusieurs petits pays pour mieux les contrôler et exploiter.

Également, le colon français a fait du Congo une vraie mosaïque humaine que seule une vraie démocratie pourra transformer en une nation véritable. Nous trouvons d’un côté les populations issues de la colonisation venues d’Afrique de l’Ouest avec le colon ; et de l’autre côté des populations locales (Batéké, Bakongo et Pygmées), auxquelles il faut aussi ajouter les Aefiens (Camerounais et Tchadiens) et les Bantu venus de l’ancien Congo Belge voisin.

Il ne faut pas s’y tromper, ce pays a toujours été sous la domination française que ça soit pendant la colonisation, à l’indépendance, après l’indépendance ou bien maintenant sous le règne de Sassou-Nguesso. L’idéologie du tribalisme exacerbé, contre les populations locales, qui brule le Congo à chaque élection présidentielle est l’œuvre stratégique du colon pour empêcher les populations locales d’accéder au pouvoir.

Aussi, c’est encore le colonisateur qui a fait la classification ethnique des peuples du Congo pour donner une origine congolaise et des terres à ses hommes au grand dam des populations locales. Du coup, la souveraineté n’a jamais appartenu au peuple, mais aux vassaux de la France qui y fait régner une vraie terreur contre les résistants au système colonial (la Françafrique).

Et, tout Congolais refusant de trahir son propre pays au profit de la France, n’a pas le droit de prétendre prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, et l’ONU cautionne cet état des faits en Afrique francophone (ex-colonie). La volonté du peuple n’est plus le fondement de l’autorité des pouvoirs publics au Congo-Brazzaville. Ceux qui souhaiteraient prendre, même de manière pacifique la place du vassal impopulaire Sassou-Nguesso, sans la bénédiction de ses maîtres Blancs, finissent tous aux cimetières ou en prison comme Jean-Marie Michel MOKOKO.

Puisque, les Ngala-Mboshi d’Oyo se sont forgé le concept qu’ils sont les nouveaux colons du Congo ; et la France prend d’ailleurs appui sur eux pour continuer sa colonisation et pour empêcher l’avènement de la vraie démocratie qui la mettrait en concurrence directe avec d’autres partenaires économiques du Congo. La conférence nationale souveraine de 1991 n’a entrainé aucun bouleversement dans leur mentalité. Cette absence de rupture dans la mentalité, chez ses hommes et ses femmes, conduit toujours au gangstérisme politique et aux génocides dans le Pool à chaque élection élections. Sassou-Nguesso a fait du Pool son bouc émissaire pour justifier sa violence au nord.

En conséquence, les élections se suivent, et toutes se ressemblent : hold-up électoral sur hold-up électoral à chaque élection. Pire, l’élection présidentielle au suffrage universel direct ne fait que renforcer les intérêts de la France et le pouvoir illégitime de ses vassaux Ngala-Mboshi d’Oyo. La terreur et la peur s’étendent désormais dans tout le Congo, du nord au sud. N’est-il pas temps que le peuple réclame instauration de la présidentielle tournante par Région et par département pour briser ce mauvais sort ?

Sur ce, que devons-nous donc faire alors de la déclaration universelle des droits de l’homme de l’Onu ?
Article 21 : « 1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d’égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote ».

Et surtout, n’imaginons pas que la paix, le vivre ensemble, l’unité nationale, l’alternance pacifique et le partage de pouvoir viendront avec l’élection présidentielle au suffrage universel direct. “Le Congo est un mariage forcé qu’il faut transformé en mariage d’Amour”. Il faut faire en sorte que les Congolais ne se battent plus pour le pouvoir, et qu’ils se disent que notre tour viendra. Et surtout, il faut que chaque Congolais se dise qu’un jour, moi aussi je peux être président de la République!

Car, depuis l’indépendance, le Congo n’a connu que coup d’État sur coup d’État et guerre civile sur guerre civile après chaque élection présidentielle. Les constitutions n’ont pas résisté à cette logique putschiste des Ngala-Mboshi. Elles n’ont subi qu’abrogation sur abrogation, et aucun putschiste n’a aidé au développement et à la stabilisation politique du Congo.

Tout compte fait, la présidence tournante est présentée comme une occasion offerte à chaque Région et à chaque département de diriger aussi le pays. La base de tout développement économique et social c’est la stabilité et l’alternance démocratique. La gestion de notre pays incombe donc à chaque Congolais, sans distinction aucune. Nous proposons que l’on puisse consulter les Congolais par la voie référendaire.

En vérité, voici en quelques lignes le principe de la présidentielle tournante que nous proposons aux Congolais :
pour le besoin de la cause, le Congo sera découpé en trois Régions (région Nord, Région centre et Région sud) ; Régions qui conserveront leurs départements actuels. Un président et un vice-président seront élus ensemble au suffrage universel direct majoritaire à un tour pour un mandat de cinq renouvelable une fois dans le respect de la présidence tournante.
⦁Sur le choix des candidats a la présidentielle tournante :
une élection primaire sera organisée dans la région choisie par la règle de la présidence tournante, et seuls les résidents (et non les ressortissants) des Départements de la Région ont le droit de se porter candidats. Les trois candidats ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages exprimés peuvent se présenter à l’élection présidentielle. Tout le Congo votera le jour de l’élection présidentielle ces trois candidats. Après chaque cinq ans de mandats, la Région (A) passe le témoin à la Région (B) et ainsi de suite. Chaque Région attendra 10 ans pour organiser la primaire et pour présenter ses trois candidats à la présidentielle tournante.

Pour terminer, aller aux élections présidentielles en 2021, sans instaurer la présidentielle tournante, c’est comme si on vous donne un sac rempli de vipères, et l’on vous dit : « allez-y, plonger la main, il y a de tout dans ce sac, prenez ce qui vous convient ! ». Si nous ne voulons plus être envahis par les cafards, nettoyant d’abord notre maison ; et aucun insecte ne viendra nous embêter. Voilà pourquoi nous affirmons avec force qu’aller aux élections présidentielles en 2021 sans l’instauration de la présidence tournante ça ne sert à rien !

 

Par l’ASSOCIATION BISHIKANDA DIA POOL

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