(Congo) L’interdiction de sortir avec un passeport étranger du ministre Mboulou à Makaya: « faut-il interdire la politique aux binationaux? »
By webmaster1 On 5 Oct, 2018 At 01:07 PM | Categorized As A la Une, Articles, Congo | With 0 Comments

L’interdiction de voyager en Europe, avec un passeport britannique, signifiée à l’opposant politique Paulin MAKAYA par le ministre de l’Intérieur congolais MBOULOU ; passeport dont il détient pourtant simultanément la nationalité avec sa nationalité congolaise d’origine, alimente la polémique sur l’interdiction aux hautes fonctions politiques et administratives des binationaux (doubles nationalités). Demandons-nous ce que pense BISHIKANDA-DIA-POOL ? Notre réaction tournera autour d’un seul point : notre réaction de citoyen patriote !

Qu’est-ce qu’un binational ? On appelle binational, toute personne appartenant simultanément à son pays d’origine et à un autre pays étranger (pays d’adoption). Et le débat, concernant la double nationalité des hommes politiques, agité par le ministre de l’Intérieur MBOULOU, ne devrait pas concerner seulement Paulin Makaya, mais toute la classe politique congolaise (pouvoir et opposition).

En effet, si la double nationalité du Congolais lambda ne menace en rien la république, elle devient une véritable menace dès lors qu’elle concerne les politiques et les hautes personnalités administratives (civiles et militaires) du pays. Souvent, ces gens-là font hommage à un autre pays, en engageant leur foi et en promettant de défendre les intérêts de ces pays d’adoption au détriment de leur pays d’origine et de leur peuple.

D’ailleurs, les mauvaises longues affirment, à tort ou à raison, que les binationaux politiques congolais ont juré et prêté serment sur les reliques des Saints de leurs pays d’adoption de défendre leurs intérêts au Congo. Aussi ce sont ces pays d’adoption qui les placent au pouvoir par la force des armes, en déstabilisant leurs pays d’origine. Enfin ce sont bien ces pays d’adoption qui les protègent contre toutes poursuites pour crimes contre l’humanité et génocides.

Le cas de Guy Blachard Okoï est l’exemple qui confirme bien cette vérité. Mais qui est Guy Blanchard Okoï ? « Après une scolarité primaire et secondaire en partie effectuée en France, il entre en classe préparatoire au lycée militaire d’Aix en Provence. En 1984, Guy Blanchard Okoï passe le concours de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Après trois années de labeur dans la Lande bretonne, il a choisi l’arme du Génie et complété sa formation en suivant le cours d’application à Angers. Alternant les affectations entre le Génie militaire et le Groupement aéroporté (qui deviendra le Groupement para-commando), Guy Blanchard Okoï, a également complété sa formation en rejoignant l’École d’état-major de Compiègne en 1993. Notons qu’il a son actif une campagne, notamment la mission des Nations unies au Rwanda, la MINUAR (…) ». Merde, l’armée congolaise est entre les mains d’un français! (Cliquer ici)

Raison pour laquelle, l’Association Survie affirme : « Un mois après la chute de Ben Ali, début 2011, la diplomatie de Nicolas Sarkozy avait remis la Légion d’honneur française au contre-amiral Jean-Dominique Okemba, secrétaire général du puissant Conseil National de Sécurité du Congo. Trois ans plus tard, et un mois après la chute de Blaise Compaoré, l’ambassadeur de France à Brazzaville vient, au nom de François Hollande, de remettre les insignes de la Légion d’honneur à un autre pilier du régime sécuritaire du dictateur Sassou Nguesso : le général de division Guy Blanchard Okoï. Tout un symbole… ».

Également d’après Survie : « Le général Okoï, qui vient de recevoir les honneurs français, n’est pas n’importe qui : chef d’État-major des forces armées congolaises, ce pilier du clan présidentiel est l’ancien commandant du Groupement des paras commandos, resté fidèle à Sassou Nguesso lorsque celui-ci avait été chassé du pouvoir par les élections de 1992, avant de le reprendre par les armes cinq ans plus tard, grâce au soutien de la France ».

Et, à la Lettre du Continent (30/08/2001) de conclure : Le général Okoï   « s’était fait remarquer par sa férocité lors de la guerre civile de 1997  » et avait été « promu en décembre 1997 commandant de la zone militaire “sensible” de la Likouala » puis « rappelé fin 1998 à Brazzaville pour mater la rébellion, menée par les miliciens Ninjas de l’ancien Premier ministre Bernard Kolelas, dans la région du Pool ». Son parcours est par ailleurs emblématique de la coopération militaire française avec les armées des régimes françafricains : diplômé de l’école militaire de Saint-Cyr, il a également « suivi un cours d’application d’officier à Angers et une formation d’état-major de Compiègne en 1993 », et est déjà détenteur de la Croix de la valeur militaire française ».

Ceci dit, disons le haut et fort, la double nationalité chez les politiques et chez les hauts fonctionnaires de l’État congolais est un vecteur de conflits d’allégeance et d’intérêt entre le pays d’origine et les pays d’adoption. Si un homme politique ou un haut cadre (civil et militaire) doit défendre l’intérêt général de son pays, mais quels intérêts défendent les binationaux Congolais comme Okoï, Thierry Moungala, Parfait Kolélas, Mathias Dzon, Opimba, Massengo-Tiassé, madame Munari, Bowao et tous les autres binationaux politiques qui se cachent ? Le cas Sassou-Nguesso qui massacre les Congolais pour défendre soi-disant les intérêts français que personne ne menace, devrait tous nous faire réfléchir!

Une chose est sûre, c’est toute l’élite du pays qui est concernée par cette question de double nationalité ; et ce débat mérite donc être engagé. Le Congo doit mettre en place des statistiques pour savoir le nombre de personnes consternées par cette situation. Si Paulin Makaya est interdit de voyager avec le passeport britannique, il faut donc interdire tous les binationaux sans exception aucune.

Mais, il n’est pas question de supprimer la double nationalité au Congo, car elle résulte d’accords internationaux signés par notre pays sur le plan international ; mais d’interdire les binationaux en politique pour sauvegarder l’indépendance et la souveraineté du Congo contre l’ancienne puissance colonisatrice. On ne dit pas de faire comme l’Australie et la Chine. L’Australie oblige ses nationaux qui prennent une autre nationalité à renoncer à leur passeport australien, et la Chine ne reconnaît pas non plus la double nationalité.

Puisque, les binationaux jouissent des mêmes droits et devoirs que les autres Congolais, et aucun métier ne leur sont fermés dans notre pays. Une seule condition leur est imposée, ils ne peuvent se prévaloir de sa nationalité étrangère lorsqu’il réside au Congo. De même, un Congolais binational ne peut se réclamer de sa nationalité Congolaise auprès des autorités de l’autre État dont il possède aussi la nationalité lorsqu’il réside sur son territoire. C’est là où se trouve la faute de Paulin Makaya et des autres binationaux congolais.

En conséquence, le mal du Congo n’est pas le tribalisme, mais la double nationalité de ses hommes politiques et de ses hauts cadres administratifs civiles et militaires. La double nationalité de nos politiques est un vecteur de conflits d’allégeance et d’intérêt entre le pays d’origine et les pays d’adoption.  Pour ne plus permettre la déstabilisation du Congo depuis l’étranger, le peuple souverain ne devrait-il pas interdire aux Congolais ayant une autre nationalité l’accès en politique et aux hauts postes dans la fonction publique ?

Pour terminer, à l’heure où, le Congo s’enfonce de plus en plus dans une crise de fond, et que la politique française en direction de ce pays oscille entre interventionnisme et soutiens aux binationaux politiques franco-congolais. Il est donc normal et naturel que l’on aborde cette question. Notre silence entraine la survivance de ces réseaux d’influence plus ou moins occultes, entretenus par la France, ancienne puissance colonisatrice du Congo. L’interdiction des binationaux aux hautes fonctions politiques et administratives n’est-elle pas le symbole qui garantira l’indépendance et la souveraineté du Congo postcolonial?

En vérité, la balle est donc du côté des Congolais qui n’ont que la nationalité congolaise d’en décider. Parce que, après chaque guerre, les binationaux Français et Européens sont toujours évacués par l’armée française. Mais eux, ils sont toujours abandonnés à eux-mêmes, laissés sur le champ des batailles, en faisant d’eux des chaires à canons des milices que ces pays occidentaux arment et soutiennent pour sauvegarder leurs intérêts que personne ne menace au Congo.

Par BISHIKANDA DIA POOL

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