L’Afrique noire francophone encore à l’âge de pierre concernant l’alternance démocratique en politique.
By webmaster1 On 15 Feb, 2018 At 04:39 PM | Categorized As A la Une, Articles, Congo | With 0 Comments

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Il n’y a pas une Afrique, mais des Afriques. Alors que l’Afrique anglophone (les ex-colonies anglaises d’Afrique noire) marche dans la bonne direction et évolue sur le plan démocratique. L’Afrique francophone (les ex-colonies d’Afrique noire de la France et de la Belgique) marche dans la mauvaise direction et régresse. C’est comme si, il y avait une force cachée qui refuserait le progrès et le changement. La meilleure école pour le comprendre c’est le Congo-Brazzaville dirigé d’une main de fer par le dictateur usurpateur Denis Sassou-Nguesso. Malgré ses nombreux crimes contre l’humanité, il n’a jamais été inquiété. Lui, pourtant qui n’a jamais été élu par son peuple, mais que la France déroule le tapis rouge, à chaque passage à Paris, pour le recevoir à l’Élysée. L’Afrique noire francophone ex-colonie de la France n’est-elle pas encore à l’âge de la pierre concernant l’alternance démocratique en politique et le respect des règles de la démocratie?

Tout d’abord, chapeau à l’Afrique noire anglophone qui fait, chaque jour, la fierté de la race Noire en ce qui concerne l’alternance démocratique en politique. Chapeau à l’ANC, chapeau aux institutions démocratiques de ce pays et bravo à l’opposition et au peuple sud-africain. Parce que la démission de Jacob Zuma et son discours d’adieu sont plus que jamais rassurants pour l’avenir de la démocratie dans ce pays. Tout n’est pas certes parfait, et même si des progrès doivent encore être réalisés ; mais il faut le reconnaître que le peuple sud-africain, dans son ensemble, vient de montrer à la face du monde la maturité de l’homme noir en politique.

Et, nous ne verrons jamais ce qui vient de se passer en Afrique du Sud dans les pays d’Afrique noire francophones: respect des fondamentaux démocratiques, respect de la procédure de démission etc. Personne n’a fait un appel à l’armée pour prendre le pouvoir, il n’y a pas eu non plus de guerre ethnique. À l’heure de l’Internet et des réseaux sociaux, toute l’Afrique a vu ce qui s’est réellement passé en Afrique du Sud. Reste que pour atteindre cette qualité de maturité politique, il faut une élite politique d’exception. L’élite politique sud-africaine a sanction Jacob Zuma pour corruption et abus de pouvoir, une chose que l’on ne verra jamais en Afrique francophone ex-colonies françaises (Congo, Gabon, Tchad, Cameroun…).

Au contraire, les pays d’Afrique noire francophone sont la « risée du monde » en matière d’alternances démocratiques et de respect des constitutions, et le cas du Congo est l’exception qui confirme la règle: modification unilatérale de la constitution pour briguer un troisième mandat successif ; hold électoraux après une cuisante défaite au premier tour de la présidentielle ; arrestations des opposants politiques et d’opinions ; génocide dans le Pool pour faire oublier le hold-up électoral ; terrorisme d’État pour traumatiser le peuple congolais par la peur. Cet état de fait est la porte d’entrée de tous les maux qui minent la république du Congo: corruption, bradage des matières premières, surendettement, dictature…

Puisqu’au Congo-Brazzaville, le fondement du pouvoir des autorités publiques en place n’est plus la volonté populaire sortie des urnes, mais la force des armes comme à l’âge de pierre. Le pouvoir n’est plus un contrat entre le peuple et une personne, son représentant élu, mais la force des armes et la terreur. Sassou-Nguesso n’a jamais été élu par le peuple Congolais. Il n’est donc pas légitime: c’est un usurpateur.

Pourtant, c’est avec ces usurpateurs que les Occidentaux signent des contrats et des traités internationaux qui engagent nos pays. Cela n’a jamais gêné la France pays des droits de l’homme, et cela n’a jamais gêné non plus l’ONU qui invite Sassou-Nguesso à ses sommets. On dirait qu’il y a une force cachée qui empêche  l’avènement de la vraie démocratie et de l’alternance démocratique en politique au Congo. Nous avons l’impression que, tout a été pensé pour que ce pays reste à l’âge de pierre, c’est-à-dire une zone de non-droit.

L’Afrique francophone a besoin de démocratie, le Congo a besoin d’une vraie l’alternance démocratique en politique. Pour cela, il faut des systèmes politiques tournés vers le respect de cet idéal. Or c’est l’inverse qui se passe au Congo, au Gabon, Tchad ou en RDC. Et aucun président n’a été élu par son peuple dans ces pays. Après une cuisante défaite à l’élection présidentielle, Sassou-Nguesso s’est imposé par la force des armes, avec la complicité de la France de François Hollande.

L’Afrique change, il faut prendre de la mesure, et l’élite francophone doit mettre l’action sur le respect des règles démocratiques et sur l’alternance démocratique. Il faut un changement de mentalité en Afrique francophone. Parce que la mondialisation économique et la globalisation financière nous obligent à changer de mentalité. Donc, il faut une nouvelle élite politique francophone à l’image de celle de l’Afrique anglophone. L’élite politique de l’Afrique du sud l’a très bien compris : pour redynamiser la démocratie et l’unité nationale foulées aux pieds par Jacob Zuma ; il fallait un changement à la tête du pays. C’est la seule manière possible de redonner l’espoir et la liberté de choisir au peuple en Afrique francophone: des alternances démocratiques.

Par BISHIKANDA DIA POOL

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