Ingérence russe : Trump publie le mémo controversé remettant en question les méthodes du FBI
By webmaster1 On 3 Feb, 2018 At 09:41 AM | Categorized As A la Une, Articles, Congo | With 0 Comments

 

Par Sukissa avec rado Canada : Le reportage de notre correspondant à Washington, Christian Latreille

Un mémo critiquant le travail du FBI dans l’enquête sur l’ingérence russe lors de la présidentielle de 2016 a finalement été rendu public vendredi midi, après que le président Donald Trump en eut autorisé la publication.

Radio-Canada avec The New York Times

« Ce qui se passe dans notre pays est une honte […] Beaucoup de gens devraient avoir honte », a lancé le président Trump lors d’un bref échange avec les journalistes dans le bureau ovale, après avoir annoncé sa décision.

Le mémo en question est controversé parce qu’il a été rédigé par du personnel politique travaillant pour la commission du renseignement de la Chambre des représentants, qui est dirigée par le républicain Devin Nunes.

Il est considéré comme explosif parce qu’il remet en question « la légitimité et la légalité » de méthodes utilisées par la police fédérale américaine et le département américain de la Justice dans le cadre de l’enquête.

Il conclut plus précisément, peut-on y lire, à « une défaillance troublante du processus judiciaire établi pour protéger les Américains d’abus relativement au FISA [Foreign Intelligence Surveillance Act] », la loi qui encadre les demandes de surveillance électronique faites par le département de la Justice sur recommandation du FBI.

Les commentaires du président Trump ne laissent guère de doute quant au fait qu’il partage cet avis.

Les démocrates ont aussi produit un « contre-mémo » qui expliquerait les incongruités du mémo républicain et qui dévoilerait que M. Nunes n’offre qu’une partie des informations présentées, selon ce que rapportent des sources au New York Times. Il a été écrit par le représentant démocrate Adam Schiff, mais n’a pas été rendu public en même temps que le mémo républicain.

Que contient le mémo?

Dans le mémo, il est question de la surveillance électronique dont a fait l’objet Carter Page, qui tenu le rôle de conseiller de Donald Trump lors de sa campagne présidentielle. Ce dernier était visé par une enquête du FBI dès l’automne 2016, avant que les Américains n’aillent aux urnes.

Selon les informations contenues dans le mémo, les responsables du FBI et du département de la Justice auraient cependant omis de présenter aux juges qui devaient autoriser ces écoutes « du matériel et des informations » potentiellement favorables à M. Page.

Il y est ainsi écrit que ces demandes de surveillance s’appuyaient sur un dossier compilé par l’ex-espion britannique Christopher Steele, mais sans préciser que ce dernier avait reçu 160 000 $ de la part du Parti démocrate et de l’équipe de campagne de Hillary Clinton pour son travail.

Cet argent a été versé par l’entremise de la firme GPS Fusion et de la firme d’avocats Perkins Coie.

« Ni la demande initiale [d’écoute] faite en octobre 2016 ni les demandes subséquentes n’ont été accompagnées d’informations ou de références au rôle du Comité national démocrate, de la campagne de Clinton ou de leurs efforts pour financer Steele, même si les origines politiques du dossier Steele étaient connues de hauts responsables du département de la Justice et du FBI », peut-on y lire.

La demande ne mentionne pas que Steele travaillait ultimement au profit du Comité national démocrate et de la campagne de Clinton – et qu’il était payé par eux – ou que le FBI avait séparément autorisé des paiements à Steele pour la même information.

Extrait du mémo

La demande d’écoute de Carter Page s’appuyait en outre sur un article publié le 23 septembre 2016 par Yahoo News, dans lequel il était question d’un voyage de M. Page à Moscou en juillet. Or, selon les auteurs du mémo, « cet article ne corrobore pas le dossier Steele parce qu’il provient d’informations divulguées par Steele lui-même à Yahoo News ».

La demande faite par le FBI et approuvée par le département de la Justice « avance incorrectement que Steele n’a pas fourni l’information à Yahoo News », indique le mémo. « Steele a admis dans une déposition judiciaire britannique qu’il a rencontré Yahoo News – et d’autres médias – en septembre 2016, à la demande Fusion GPS », précise le document.

Le FBI a mis fin à sa relation avec Christopher Steele après que ce dernier eut rompu son serment de confidentialité en confirmant au magazine Mother Jones qu’il travaillait avec le FBI à la fin d’octobre 2016, indique le mémo. M. Steele a néanmoins maintenu des contacts avec Bruce Ohr, procureur général adjoint associé des États-Unis.

Selon le mémo, M. Ohr avait pourtant enregistré dès le mois de septembre 2016 des propos de M. Steele selon lesquels il souhaitait « désespérément » que M. Trump ne soit pas élu. Cette « preuve claire de la partialité de Steele » n’a pas davantage été mentionnée dans la demande d’écoute faite par la suite.

Il appert en outre que la femme de M. Ohr travaillait pour Fusion GPS, mais que cette information n’a jamais été fournie au juge fédéral qui a autorisé l’écoute électronique.

Ensuite, le document stipule que bien que la collaboration entre le FBI et M. Steele était terminée, son dossier aurait été un élément clé dans la demande de surveillance de M. Page. Selon ce qu’on lit, le directeur adjoint du FBI Andrew McCabe aurait dit devant le Comité, en décembre 2017, qu’aucun mandat n’avait été délivré sans les informations du dossier de Steele.

Deux membres démocrates de ce même comité contrediraient cependant ces informations selon lesquelles McCabe n’aurait jamais dit une telle chose, d’après ce que rapporte le correspondant en chef en matière de sécurité à CNN, Jim Sciutto.

Finalement, le mémo s’en prend aussi à l’impartialité de l’agent du FBI Pete Strozk, qui a enquêté sur les liens entre deux anciens collaborateurs de Trump pendant la campagne, George Papadopoulos et Carter Page, ses documents étant au dossier de la demande de surveillance.

Acte partisan ou d’intérêt public?

Les républicains soutiennent qu’il est d’intérêt public de publier ces informations, puisqu’elles braquent la lumière sur le travail d’employés du gouvernement.

Les démocrates plaident plutôt que leur publication constitue une manoeuvre strictement partisane, destinée à miner la crédibilité de l’enquête sur l’ingérence russe menée par le procureur spécial Robert Mueller.

Le FBI s’est lui-même prononcé contre la publication du mémo cette semaine, disant entretenir de « graves inquiétudes » quant à son contenu, en arguant qu’il contient des inexactitudes et des informations qui devraient demeurer confidentielles.

L’Association des agents du FBI a d’ailleurs publié une déclaration dans les minutes qui ont suivi la publication du mémo pour assurer les Américains qu’ils sont « bien servis » par le FBI.

« Les agents du FBI n’ont pas, et ne vont pas permettre à la politique partisane de nous distraire de notre engagement solennel à l’égard de notre mission. »

Foreing Intelligence Surveillance Act Bauses at the Deprtment ou Justice and the Federal Bureau of Investig… by Radio-Canada on Scribd

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