Brexit vu du Congo : François Hollande respecte la volonté populaire des Anglais et foule aux pieds celle des Congolais
By webmaster1 On 29 Jun, 2016 At 01:56 PM | Categorized As Economie | With 0 Comments

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Le 10 décembre 1948, les 58 États Membres qui constituaient  l’assemblée générale des Nations unies ont adopté la déclaration universelle des droits de l’homme à Paris au Palais de Chaillot (résolution 217 A (III)).               

Et, voici ce qu’affirme l’article 21 : «… La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote. ». En d’autres termes toute volonté populaire sortie des urnes est sacrée.

Le peuple Anglais s’est exprimé lors du « Brexit », et le Président François Hollande a pris acte en appelant au respect du verdict sorti des urnes. Par contre, c’est à deux reprises que le peuple Congolais s’est exprimé ; et c’est à deux reprises également que François Hollande et son Premier ministre ont foulé aux pieds le verdict sorti des urnes, pour soi-disant sauvegarder les intérêts économiques de la France au Congo qu’aucun Congolais ne menace d’ailleurs. Mais en quoi la volonté populaire des Anglais est plus sacrée que celle sortie des urnes au Congo?

Tout d’abord, concernant les intérêts économiques de la France au Congo que nous connaissons tous : contrats léonins sur les e’ matières premières d’origine minérale, organique et végétale ; le maintien au Congo du franc Cfa comme monnaie qui rapporte beaucoup de profit à la France (les comptes d’opération). Il convient en effet tout d’abord de lever les ambiguïtés d’incompréhension et d’interprétation qui se cachent trop souvent derrière le maintien du dictateur Sassou-Nguesso au pouvoir au Congo, et qui ont occasionné des guerres civiles et des hold-up électoraux. Il est important de réaffirmer avec force que :” personne, au Congo, ne menace les intérêts français, sinon le Congolais issu de la colonisation d’origine dahoméenne, Sassou Denis, celui-là même qui a fait rentrer les capitaux Chinois qui concurrencent la France dans son ancienne colonie.

Cela étant bien dit, revenons donc à notre sujet. L’observation du comportement de François Hollande, après le « Brexit » anglais, nous fournit beaucoup de réponses positives concernant nos interrogations sur sa conception du respect des valeurs démocratiques et de droits de l’homme. Le peuple anglais s’est exprimé. Tous les gouvernants européens, sans exception, ont appelé au respect de la volonté populaire sortie des urnes. Personne n’a demandé au Premier ministre anglais, de faire un hold-up électoral pour sauvegarder les intérêts économiques colossaux européens en jeu.

En comparaison, le peuple Congolais aussi s’est exprimé. La première fois s’est lors du referendum pour la modification de la constitution. Et, la deuxième fois s’est à l’occasion de l’élection présidentielle le 20 mars 2016. Mais à notre grande surprise, la volonté populaire sortie des urnes, au Congo, a été foulée aux pieds par ceux-là même qui respectent aujourd’hui la volonté populaire sortie des urnes lors du Brexit.

Mais, en quoi ce que François Hollande respecte chez les Anglais, ne l’est plus lorsque cela concerne les Congolais? Le « Brexit » décrit, en un mot, la politique de deux poids et deux mesures, de l’Union européenne vis-à-vis de l’Afrique, concernant le respect de la volonté populaire. Les gouvernants français respectent les valeurs démocratiques en Europe et les foulent aux pieds en Afrique (Congo). La preuve qui confirme cette thèse, c’est l’acceptation par Français Hollande du nouvel ambassadeur du Congo en France, monsieur ADADA nommé par Monsieur 8%, l’usurpateur du 20 mars. Nous pouvons ajouter à cela, les injonctions de l’ambassadeur de France sortant au Congo, lequel ordonna au général Mokoko de reconnaitre la victoire du perdant Sassou.

C’est comme-ci, le Congo était devenu un pays à la dérive en éliminant Sassou-Nguesso dès le premier tour, et que la France a plus à y perdre en cas d’alternance qu’à y gagner. L’alternance démocratique est perçue sous un prisme négatif à l’Élysée, à Matignon et au quai d’Orsay. Mais que cherche donc alors la France, Mokoko et Kolélas arrivés en tête au premier tour ne sont-ils pas francophiles, n’ont-ils pas été formés en France, ne sont-ils pas franc-maçon ? Pourquoi donc cette attitude !

Malgré ces atouts énormes, François Hollande et son Premier ministre soutiennent toujours l’usurpateur dictateur Sassou-Nguesso. Et, c’est à cause de leurs soutiens d’ailleurs qu’une réelle instabilité à plus ou moins long terme, s’est installé au Congo. Il est donc indispensable d’en tirer les conséquences de cette politique de mépris. Dans ce cas, il ne faut plus se plaindre de l’immigration massive des Africains en France. Parce que le continent africain est sur le balcon de l’Europe.

Certes, le dictateur usurpateur a financé la COP 21, et cela n’est plus un secret depuis que l’entourage de Sassou le crie haut et fort ; mais fouler aux pieds la volonté populaire sortie des urnes pour la simple raison que Sassou-Nguesso a financé la COP21, est plus qu’une faute, c’est un crime. La France et l’Ue doivent être au premier rang pour la défense des valeurs démocratiques et les droits de l’homme en Afrique.

Parce que, tout meurt au Congo. Et pourtant, les progrès accomplis en Afrique francophone sur le plan démocratique sont importants ; mais, ils sont largement sous-estimés par la France et les médias français. La vision de François Hollande sur le respect de la volonté populaire en Afrique paraît décalée par rapport à l’article 21 de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Par conséquent, la doctrine française de soutien aux dictateurs et au régime honni par leur peuple en Afrique francophone, ne favorise pas les alternances politiques sur le continent. Envoyer son ambassadeur sortant chez le général Mokoko pour lui intimer l’ordre de reconnaitre la victoire du perdant Sassou-Nguesso, c’est fouler aux pieds  la volonté populaire du peuple Congolais. Quoi qu’il en soit le débat est lancé et il ne s’arrêtera plus. C’est tout le mérite du « Brexit » anglais vu d’Afrique en général et du Congo en particulier ?

Par BISHIKANDA DIA POOL

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