La France officielle “bakongophobe”, Sassou-Nguesso peut exterminer les Bakongo sans crainte.
By webmaster1 On 6 May, 2016 At 08:02 PM | Categorized As Economie | With 0 Comments

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Notre histoire coloniale est là pour en témoigner, après la découverte d’immenses richesses au Congo par la France coloniale, il y a eu une volonté politique d’exterminer toutes les populations locales (Bakongo) du moyen Congo, et de les faire remplacer par les populations de l’AOF plus favorables à la colonisation. Parce que les statistiques officielles publiées par le Ministère des colonies attribuaient en 1906, tout à fait arbitrairement, une population de 3 millions d’habitants pour le seul Moyen Congo (contre 10 millions à l’ensemble du Congo Français, dont 3,5 millions recensés). Aussi, d’après G. Sauter, les régions les plus denses étaient la zone attractive de Brazzaville et les Bakongo. Le vassal de la France, Sassou-Nguesso, ne continue-t-il pas là le travail commencé par ses maîtres pendant la colonisation? Si tel et le cas, cela n’explique-t-il pas le silence de la France ?

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Tout d’abord, la France coloniale possédait deux grands ensembles territoriaux en Afrique Noire. Le premier était l’AOF (Afrique occidentale française) et le second l’AEF (Afrique équatoriale française). L’AOF était composée de huit colonies : le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée, la Côte d’Ivore, le Soudan français (devenu Mali), le Niger, le Dahomey (devenu Bénin), la haute-volte (devenu Burkina Faso) et d‘un territoire sous mandat, le Togo. L’AEF était formée de quatre colonies : le Gabon, le Moyen Congo (Congo-Brazzaville), l’Oubangui Chari (devenu la RCA), le Tchad et d’un territoire sous mandat, le Cameroun. À ces deux ensembles s’ajoutaient Madagascar et sa dépendance des Comores ainsi que la Côte française des Somalis.

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Ceci dit, pour la France l’équation congolaise est très simple à résoudre : exterminer les Bakongo et les faire remplacer par les Sénégalais, Mauritaniens, Guinéens, Ivoiriens, Maliens, Nigériens, Burkinabé, Béninois, Togolais etc. Le recours à la violence contre les Bakongo n’est donc pas un acte gratuit, mais a pour effet recherché d’exterminer tous les vrais Bakongo du Congo-Brazzaville pour les faire remplacer par ses pseudos-Bakongo venus d’Afrique de l’ouest. C’est le seul moyen trouvé par la France pour ne pas perdre ce pays riche. C’est là que se trouve désormais la réponse à toutes les questions que posent les bombardements et le silence de la France sur ces derniers.

À titre d’information, depuis l’indépendance du Congo, aucun Congolais issu des populations locales n’a dirigé ce pays. Tous les présidents successifs sont des Congolais issus de la colonisation. Ils arrivent tous au pouvoir avec le soutien de la France officielle. Les Bakongo sont considérés, dans leur propre pays, comme étant des citoyens de seconde zone, à cause de leurs soifs de réclamer  les mêmes droits que les autres. Ils n’accèdent pas à de nombreux emplois. Il n’y a pas un vrai Mukongo comme homme politique au Congo, il n’y a pas de parti politique créé par un vrai Mukongo. La France tire toutes les ficelles pour qu’ils soient marqués au fer rouge du signe d’infamie par les autres. Parler Kikongo, Kitéké ou la langue des Pygmées est considéré comme du tribalisme. Une langue créole (le MUNU KUTUBA) est appelé Kikongo ya l’État.

Puisque, dès avant la fin du second conflit mondial, la nécessité de faire évoluer l’Empire s’était imposée. C’est pourquoi, dans la phase finale de la guerre, une conférence qui rassemblait essentiellement des cadres coloniaux s’est tenu à Brazzaville du 30 janvier au 8 février 1944. Pour dire vrai, cette conférence était contre les populations locales des territoires occupés par la France.

Mais, le paradoxe est que l’on présente aujourd’hui cette conférence comme l’acte d’émancipation de l’Afrique coloniale française alors que le préambule refusait toute idée d’indépendance et même d’autonomie : “les fins de l’œuvre de la civilisation accomplie par la France dans ses colonies écartent toute idée d’autonomie, toute possibilité d’évolution hors bloc français de l’Empire” ; la construction éventuelle, même lointaine de self-government dans les colonies est à écarter.

Eh oui, par la ruse et par la violence, la “bakongophobie” se donne libre cours pour empêcher toute idée d’une vraie indépendance au Congo. La France continuer toujours de commettre des crimes par procuration pour empêcher les Bakongo d’arriver au pouvoir, en soutenant les Congolais issus de la colonisation ; il est rare de trouver aux hautes fonctions un vrai Mukongo, un vrai Mutéké et un vrai Pygmée en politique, dans l’administration, dans la police et l’armée. Il est donc clair, le recours à la violence contre les Bakongo est une volonté française, cette France qui a aidé Sassou-Nguesso à modifier la constitution qui l’empêchait de briguer un troisième mandat successif.

Il faut avoir le courage de le dire, le Congo à l’exemple de la mer et des océans, est tantôt calme, tantôt agité. Quand se déchainent les guerres, les catastrophes, les révolutions, les changements politiques, les crises économiques et des défaites électorales ; les masses des Bakongo se trouvent placées dans des conditions insupportables parmi les Congolais issus de la colonisation qui, précisément dans ces périodes de désordre, croient découvrir que les Bakongo sont les grands coupables des malheurs qui s’abattent sur le pays. On les accuse d’être à l’origine de la refaite de Sassou-Nguesso à Brazzaville et Pointe-Noire lors de la présidentielle. Mais pourquoi n’a-t-il pas gagné à Dolisie ou à Mouyondzi?

Pour terminer, la France n’aime pas les Bakongo, voilà pourquoi elle ferme les yeux sur les crimes de Sassou-Nguesso dans le département du Pool. Elle a commis tellement des crimes les plus inhumains contre les Bakongo ; on dit, le Congo français fut, tout au long de son histoire coloniale, un champ de révoltes incessantes. Le régime d’indigénat, le portage, les travaux forcés, les exécutions sommaires, les déportations et le poids des impôts ont transformé la France en un démon auquel, il faut résister pour défendre nos vies et celles de nos enfants. Sassou-Nguesso n’est qu’un vassal de la France, ses crimes dans le Pool sont aussi ceux de la France. Puisque la haine exacerbée contre les Bakongo qu’il a, c’est la France qui le lui a mis dans son cœur, avec sa politique de diviser pour régner sur le pétrole du Congo.

Par BISHIKANDA DIA POOL

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